Kabund , un léopard déchaîné

Si la marche de ce jeudi 09 juillet est un succès, beaucoup de Congolais l’attribuent à Jean-Marc Kabund qui, chassé du Bureau de l’Assemblée nationale, devient un « léopard déchaîné », prêt à dévorer le Bureau même qui l’avait défenestré. Il est devenu libre de mouvement et d’actions. C’était une faute de l’éjecter, une erreur jeannine._

La République démocratique du Congo (RDC) connait actuellement une période très critique de son histoire. En dehors de la pandémie de covid-19 qui lui arrache ses dignes fils, qui ralentit le processus de développement amorcé par le Chef de l’État Félix Tshisekedi, il y a cette crise artificiellement forgée par les politiques, certains politiciens.

Certes, il y a crise, manque de confiance entre les partenaires de la coalition au pouvoir. Mais aussi, absence de sincérité, synonyme des agendas cachés entre antagonistes qui font semblant d’être protagonistes.

En témoigne, la marche de ce jeudi organisée par l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps) et alliés, organisations de la société civile et d’autres partis politiques. A la base, l’entérinement de Ronsard Malonda par l’Assemblée nationale comme président de la commission électorale nationale indépendante (CENI), pour le compte des confessions religieuses. La question divise les hommes de Dieu qui s’invectivent désormais sur les ondes des médias et appellent à une croisade.

Ceux qui sont contre Ronsard Malonda l’accusent d’être au service du Front commun pour le Congo (FCC), plateforme dirigée par le Sénateur à vie, Joseph Kabila. Les faits et gestes des membres du FCC ne contredisent malheureusement pas ces accusations portées contre leur famille politique. A l’opposé, ils avaient projeté le même jeudi, une autre marche, cette fois-ci, pour soutenir les institutions de la République, dont la CENI. Voilà qui a courroucé les manifestants qui n’avaient pas besoin des oreillettes pour digérer l’implicite de cette communication.

La marche a eu lieu, mais il est déploré le bilan. Encore des pertes inutiles en vies humaines. Trois personnes ont déchiré leur curriculum vitæ (CV). On condamne également qu’il y ait des policiers blessés. Des pratiques moyenâgeuses qui refont surface, alors que le pays s’évertue à prendre son envol.

Une église saccagée ? C’est une profanation, un combat contre Dieu à qui le pays a été dédié par le Chef de l’Etat, il y a peu. Des sièges des partis politiques vandalisés ? Voilà qui va à l’encontre de l’Etat de droit.  » Les manifestants ont été infiltrés par des bandits de long chemin qui ont commis ces actes déplorables « , équilibre Adrien Ifonge, avocat de son état.

Kabund libéré

Si au niveau de la mobilisation la marche a dépassé les attentes au regard du nombre vertigineux des manifestants, plusieurs observateurs attribuent ce succès au travail abattu par le président a.i de l’Udps, Jean-Marc Kabund. Le numéro 01 du parti présidentiel avait appelé à la conscience de tous les Congolais pour manifester leur ras-le-bol contre  » la volonté manifeste d’un camp à vouloir prendre tout le pays en otage « .

Des analyses pédants et hérissés arrivent unanimement à une conclusion : Jeannine Mabunda a commis l’irréparable en excluant Kabund a Kabund du Bureau de l’Assemblée nationale. Pour ces analystes chevronnés, Kabund avec son statut de Premier vice-président de l’Assemblée nationale, était astreint à certaines obligations. La faute est jeannine, parce quecommise par Mabunda. Celle d’avoir écarté Kabund. En réalité, elle l’a libéré.

Voulant le réduire au silence, parce que bloquant certaines initiatives, le FCC a libéré un « prisonnier » avec liberté de mouvement, de pensée, d’action. Oui, Jean-Marc a désormais la liberté de mobiliser pour contrer les actions qui n’épousent pas les intérêts du peuple.

Le président a.i de l’Udps est un léopard déchaîné qui emporte boucs, coqs et canards à son passage. Le FCC ne saura le contenir, l’étrangler. Il est désormais président de la majorité populaire qui peut écraser à tout moment celle parlementaire.

A la vue de tout ce qui s’est passé jeudi 09 juillet, un pasteur d’une église de réveil n’a pas caché sa peur : « C’est maintenant que l’ultime étape du combat de l’Udps commence. C’est le début de la fin d’une majorité préfabriquée », a-t-il lancé en substance.

Aux dires des uns et témoignages des autres, la faute commise à l’hémicycle est jeannine, entendez:  » Commise par Jeannine « , qui avait pensé réduire au silence un aigle habitué à voler plus haut.

Édouard Bajika

Please follow and like us:

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

RSS
Follow by Email
× Comment puis-je vous aider ?