27 février 2021

RDC : Kabila joue à la prudence

Ce qui paraissait comme rumeur il y a quelques jours, semble se confirmer actuellement. La crise au sein de la coalition CACH et FCC saute facilement aux yeux. En témoignent, le manque de dialogue et l’absence des concertations.

C’est Néhémie Muilanya qui l’a révélé lors de la marche du FCC organisée ce jeudi 23 juillet à Kinshasa.

 » Nous sommes toujours pour le dialogue. Mais, nous avons décidé de marcher parce que nos frères de CACH de Félix Tshisekedi ont boycotté 3 rencontres, alors que FCC était au lieu de rendez-vous, préférant nous conduire dans la rue. Nous y sommes « , a indiqué le coordonnateur du FCC, Néhémie Muilanya.

« Nous avons prouvé que nous avons la majorité dans les institutions et dans la rue. La majorité de Joseph Kabila n’est pas factice », a-t-il ajouté.

Avant de conclure : « Même si on refait les institutions, nous serons encore majoritaires », a-t-il prévenu.

 » Quand le FCC est boudé et recourt à la rue, il est en position de faiblesse », constate un cadre de Lamuka.

Cependant, dans sa marche de ce jeudi, la famille politique de Joseph Kabila n’a pas parlé le même langage. Ça fait penser à la « glossolalie » lors de la tour de Babel. Certains manifestants affirment marcher contre les lois Minaku et Sakata, d’autres contre l’entérinement de Ronsard Malonda à la tête de la CENI.

L’une des raisons de cette marche était le soutien aux institutions du pays. Pourtant, la première institution qu’est la Présidence de la République est écorcée et ses ordonnances critiquées sur la place publique par le même FCC. Contraste.

Mais quand le CACH sèche les réunions avec le FCC à 3 reprises, c’est Tshisekedi qui évite de rencontrer Kabila, estime un diplomate.

Toute cette agitation révèle que les alliés au pouvoir ne se parlent pas encore. Pourtant, Félix Tshisekedi et Joseph Kabila s’étaient engagés de se consulter régulièrement pour éviter le déviationnisme de leurs proches parfois zélés.

Le désaccord entre les deux autorités morales est perceptible. Mais la politique parfois n’est pas se qui se dit tout haut. Qui sait si Kabila joue sa participation en ne voulant pas afficher qu’il s’est retiré complètement des affaires, au risque d’être haï et cible des représailles de ses anciens proches ?

A propos, il est probable que Kabila ait déjà lâché cette famille, avec laquelle il a vécu pendant 18 ans au pouvoir. Le dire ou le manifester clairement peut lui attirer des ennuis de ceux qui maîtrisent bien quelques coins de sa petite vie. C’est ainsi qu’il joue à la prudence en ne souhaitant pas montrer clairement qu’il s’est retiré de la politique.

Au FCC les caciques ne l’entendent pas de cette oreille. Ils ont répété lors de leur marche que Kabila reviendra en 2023, parce que celui qui est là, semble ne rien faire.

Après tout, Kabila est père de famille et voudrait bien passer le reste de sa vie en paix entouré de sa femme, enfants et proches.

Édouard Bajika

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