RDC : histoire déchirante à raconter

RDC : histoire déchirante à raconter

Une génération s’en va, une autre revient, disent les écritures saintes. Il y a deux décennies, la partie Est du Congo Kinshasa est le théâtre des guerres, des crimes, génocides, viols et vols que l’humanité n’aie jamais connus.

Des femmes et filles sont victimes de la barbarie inhumaine. Elles sont violées, leurs bétails et minerais emportés. Elles sont abandonnées à leur triste sort, comme des brebis sans bergers, face aux mercenaires.

En Ituri, le « Bureau conjoint des Nations-Unies pour les droits de l’homme(BCNUDH) » et l’ONG « Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral (SOFEPADI) », aident ces victimes de violences sexuelles à guérir et à obtenir réparations devant la justice.

Le grand complexe abrite des bâtiments peints de couleurs vives. Les patients qui attendent leur tour sont assis en silence sur des bancs en bois alignés dans des couloirs ouverts. Des mères avec des nouveau-nés et des enfants plus âgés, des femmes âgées et un homme solitaire, intemporel et taciturne prêts à rencontrer les conseillers et le personnel médical.

On pourrait penser que ces patients souffrent des maladies régulières que l’on rencontrerait dans n’importe quel centre de santé du monde entier. Cependant, ils ont une histoire déchirante à raconter.

Crimes odieux

« Une nuit, des assaillants inconnus sont entrés dans mon village. À ce moment-là, j’étais juste à l’extérieur du village et j’ai pu me cacher mais je pouvais toujours voir ce qui se passait. Les assaillants ont tué mes enfants, ma femme et ils ont pillé tous nos biens. J’ai pu m’échapper et me réfugier à Bunia où j’ai reçu l’aide de mon fils pour monter une petite entreprise de pêche », a confié l’homme.

« J’ai croisé à nouveau la route des assaillants de mon village à Bunia au retour de la pêche. Ils m’ont enlevé et emmené dans leur camp. Là, ils m’ont forcé à violer deux femmes, chacune à tour de rôle, jour et nuit. Si je refusais, ils me menaçaient et me battaient », a-t-il dit.

« Nous avons passé quatre jours comme ça, les femmes et moi, sans avoir grand chose à manger. Un jour, mes ravisseurs m’ont envoyé chercher de l’eau dans la forêt. C’est à ce moment-là que j’ai réussi à m’échapper et à m’enfuir vers Bunia. Je n’ai pas retrouvé mon fils mais j’ai atteint le camp de personnes déplacées à Bunia. C’est là que j’habite maintenant et où j’ai appris le travail fait par la SOFEPADI ».

Le personnel du centre médical Karibuni Wa Mama (Bienvenue aux mères) aide à guérir de nombreuses blessures – physiques et psychologiques, et fait beaucoup dans la guérison des survivants. Le centre est géré par l’ONG SOFEPADI.

La SOFEPADI a été fondée il y a 20 ans par 24 femmes à Bunia, dans la province de l’Ituri, dans l’est de la RDC. Leur premier objectif était de faire campagne pour la paix et de promouvoir l’autonomisation des femmes et les droits humains.

L’ONG a rapidement ouvert une autre antenne à Beni, dans la province du Nord-Kivu, pour lutter contre l’impunité des violences sexuelles dans ces deux provinces de l’est du pays.

Il y a 10 ans, la SOFEPADI a élargi ses activités à la prise en charge médicale des victimes de violences sexuelles et sexistes, une activité précédemment menée dans la région par une autre ONG Médecins sans frontières (MSF).

L’appel est lancé aux autorités du pays pour mettre fin aux tueries quotidiennes dans l’Est du pays. Les larmes de cette population ne sèchent pas.

Edoba

Please follow and like us:

REPLIK

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

RSS
Follow by Email
× Comment puis-je vous aider ?