Depuis le 15 août, les activités et rassemblements populaires ont repris leur droit sur tout le territoire national du Congo Kinshasa. Un retour après plus de cinq mois d’état d’urgence, dicté par la Covid-19. Sujet de joie immense pour les Congolais privés des cultes, réjouissances populaires et voyages.

En pratique, les efforts du gouvernement et de l’équipe de riposte sont à féliciter. Le pays a frôlé le pire. Près de 90% des malades déjà guéris à ce jour, et 758 malades en cours de traitement. Des prouesses à encourager, sans nul doute. Le pays déjoue ainsi les pronostics de ceux qui s’attendaient à l’irréparable.

Cependant, loin de verser dans le pessimisme, il est par ailleurs de bon aloi d’émettre certaines inquiétudes quant à la suite des événements avec cette reprise des activités populaires. Une crainte fondée, dans la mesure où si les gestes barrière et toute autre disposition utile ne sont pas observés, le pays risque de sombrer vers l’hécatombe.

Les pièces à conviction justifient cette peur bleue. Les aéroports ont rouvert, les vols nationaux et internationaux sont de nouveau opérationnels. Cependant, les infrastructures aéroportuaires ne sont pas adaptées pour endiguer toute propagation de Covid-19. Les conditions ne sont pas réunies dans les aéroports et le personnel commis pas très initié.

Un malade qui vient d’être contaminé peut passer inaperçu, et les risques de contamination sont légion. Désormais les provinces non touchées jusque là vivent avec la peur dans le ventre. Le flux peut favoriser l’import et l’export de la pandémie. Les voyages par camions ont lieu dans des conditions très désastreuses. Les voyageurs sont confinés à l’instar des sardines. Le risque est permanent.

Les frontières ont rouvert, les mouvements de déplacement sont incontrôlés. Les services d’hygiène et de riposte sont parfois dépassés, d’autres laissent passer, parce que monnayés. En pareil cas, tous les efforts et succès glanés jusque là risquent d’être annihilés.

Dans les taxis, c’est le confinement total nouveau mode. Dans les arrêts bus, grands et petits se bousculent sans scrupule pour se trouver une place à bord. Heureux ceux qui ont de biceps. Eux au moins peuvent repousser les poids mouches.

La joie est à outrance dans les églises. Si le premier dimanche les mesures barrière et distanciation sociale étaient respectées à 90%, il n’en demeure pas évident dans la suite. Les fidèles en transe ont difficile à se contenir, à se contrôler. Les pasteurs ne tarderont pas à imposer les mains sur leurs ouailles. Les fidèles auront difficile de psalmodier le Seigneur avec le cache-nez. C’est leur demander trop. Les choristes s’exécuter avec masque, rien de rassurant. En pareille circonstance, Covid-19 hier risque de revenir en trombe, avec des conséquences incalculables.

Des endroits privilégiés

Les boites de nuit sont des endroits privilégiés de contagion. Ceux qui y entrent deviennent mécréants et ignorent sciemment que la pandémie de Coronavirus est encore là. Oui, la joie et sentiment de quelques minutes peuvent s’avérer fatales. Là, ils s’embrassent, se donnent des bisous, on croirait en temps normal. Des amoureux saisonniers et circonstanciels s’estiment sur une planète non touchée.

Dans les marchés, le risque est aussi permanent. Les acheteurs se frottent sans ménagement. La promiscuité des hangars et la négligence de la distanciation physique font craindre, étant donné que le port de masque ne suffit pas à lui seul.

Les deuils et célébrations des mariages drainent des foules comme des fourmis. La joie qui anime les convives et les agrégats font oublier la présence de l’ennemi invisible, le Coronavirus. Certains observateurs se demandent s’il ne fallait pas attendre encore un peu.

Les finalistes du primaire et secondaire sont surexcités par les retrouvailles. Des petits câlins à la manière de Novelas peuvent avoir de répercussions si l’un est testé positif.

Ceux qui vendent des articles comme les cacahouètes n’ont pas des mains couvertes. Et cet enfant affamé qui paie la mesurette de 200 francs n’a pas le temps de se laver les mains en amont. Identique pour ceux qui consomment la chikwange. Beaucoup la consomment les mains non propres.

Les lieux d’engouement sont en nombre où les risquent sont à craindre. Face à une telle situation, seul le comportement responsable de tout Congolais peut déterminer la suite. Le respect des gestes barrière et la distanciation physique peuvent contribuer à endiguer ce terroriste sanitaire planétaire qui a mis fin à l’arrogance humaine et à la toute puissance des Nations.

Un faux pas peut s’avérer fatale. C’est ici qu’il faut interpeler la conscience de tous. Une éducation civique est nécessaire pour maintenir ce succès déjà glanés. La RDC est déjà comptée parmi les pays africains ayant fait preuve dans la riposte du virus mortel qui fait des millions de morts sur la planète terre. Cette reprise des activités populaires donne certes de la joie, mais fait craindre un retour à l’apogée de Covid-19, si les Congolais n’y prennent garde.

Le pays se retrouve devant deux options : maintenir l’observance des mesures édictées pour vaincre totalement ce virus et sauver des vies, ou vivre dans la distraction, mais pour payer cach le lourd tribut. La reprise des rassemblements n’est pas synonyme de la fin de la pandémie. Un homme averti en vaux deux.

Edoba

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