Etat de droit en RDC : le peuple attend la suite

Ceux qui adorent le théâtre et des séries télévisées, qui ont suivi l’épisode d’une saison, ont hâte de découvrir la suite. C’est une faim insatiable. Il en est de même des adulés des films. Le suspens ne les arrange nullement. Et les Congolais ne sont pas loin de cette image acoustique. L’Etat de droit, prôné par le nouveau régime au pouvoir, est une pédagogie, en même temps une gageüre, une pullule très amère. Les Congolais qui n’avaient jamais réverbéré bien ce concept sont estomaqués devant l’enfantement de cet Etat de droit.

Pour les uns, il est synonyme des arrestations auxquelles le pays assiste actuellement. Pour les autres, il s’agit d’une justice pour tous, une lutte sans merci contre les antivaleurs qui gangrènent le pays, scandale géologique, mais avec un budget de cinq milliards USD. Contraste !

Certes cet Etat a déjà annoncé ses couleurs. Certains Congolais en sont déjà bénéficiaires. C’est l’exemple de Gabriel Mokia qui a repris sa maison à Gombe; l’hôtel Faden House de Martin Fayulu est rouvert, des chaines de télévisions comme celle de Vital Kamerhe émettent sans que le signal ne soit coupé comme jadis. Des prisonniers politiques sont libres, des exilés politiques déjà au pays, et les exemples feront l’objet de la prochaine analyse méticuleuse.

Par contre, d’autres Congolais en ont subi la sanction positive, parce que trouvés la main dans le sec. Les condamnés Vital Kamerhe et les DG de certaines entreprises ont trouvé leurs places aménagées au Centre de rééducation pénitentiaire de Makala (CEPRK). Oui, là ils apprennent le respect des biens publics.

Plusieurs autres attendent rejoindre l’équipe d’avance à Makala. Le traitement de leurs dossiers est en cours de téléchargement. C’est une série à plusieurs épisodes. Personne ne peut intimider personne, mais la justice sévit sur des rapports de détournement en sa possession.

Maintenant ou jamais

Ô tempora ô mores! (autre temps autre mœurs). L’Etat de droit apporte sa touche. Un ministre qui a volé est interpelé, entendu et condamné s’il est testé positif au détournement. Du coup, c’est la peur qui gagne les gestionnaires des entreprises publiques, ministères et autres structures étatiques.

Ceux qui se reprochent n’ont qu’une seule idée dans la tête : il faut arrêter le rouleau compresseur, pourtant, inexorable. Luzolo Bambi connaît quel genre de menaces il reçoit en ce moment pour avoir remis certains de dossiers à la justice.

Si les détourneurs intellectuels ont dû effacer les traces, d’autres par contre sont submergés. Les jours qui viennent enverront beaucoup d’autorités en prison.

Actuellement, homme à abattre est l’inspecteur général des finances-chef des services de l’IGF. Ce dernier a révélé que le pays enregistre un manque à gagner annuel de cinq milliards USD par des exonérations non fondées. L’IGF fait état de plus de 1300 exonérations attribuées sans raison. C’est ce rythme qui a caractérisé tous les régimes précédents.

On comprend dès lors le changement de complainte. Le pantin, placebo, marionnette, étiquette devient le dictateur. Certains qualifient celui qui instaure l’État de droit de  » plus dictateur que Mobutu ». Des marches furent organisées quant à ce. Mais des marches non réprimées, avec zéro arrestation, zéro gaz lacrymogènes. Voilà l’avantage de l’État de droit préconisé par le Sphinx qui a déchiré son CV il y a peu.

Ces premiers fruits de l’État de droit sont bien accueillis dans l’opinion nationale et internationale. Quand les USA acceptent de former les militaires congolais chez eux et plaident pour des sanctions contre le système de corruption instauré par le régime Kabila, quand les pourparlers sont en cours pour le retour de la RDC à l’AGOA, quand Israël et Allemagne viennent d’envoyer des délégations des investisseurs au Congo Kinshasa, etc., il y a de quoi applaudir.

Mais les Congolais sont impatients de connaitre la suite des 200 millions de dollars de la Gécamines, les 250 millions de Bukanga Lonzo, des millions décaissés pour la construction d’un aéroport ultramoderne à Kinshasa, des millions de dollars libérés pour l’achat des avions, des millions de dollars pour la construction de mille écoles par an, des hôpitaux, de détournement à l’OGEFREM, etc.

Les Congolais sont impatients de découvrir la suite des meurtres de Floribert Chebeya, Armand Tungulu et des innombrables martyrs de la démocratie. Les Congolais sont impatients de connaitre le sort réservé aux autorités qui ont géré les fonds alloués à la riposte contre la Covid-19 qui parlent de 12 milles dollars dépensés par malade pendant seulement moins de vingt jours avec des médicaments provenant de plusieurs dons.

Ils sont impatients de connaitre la suite de 15 millions des pétroliers, de 100 millions de Mutamba Muning, des 35 millions remis par RAWBank dans le cadre du procès Samibo. Une prochaine analyse reviendra sur la liste des sommes détournées.

Les Congolais sont également impatients de connaitre la suite de la gestion des fonds alloués aux travaux d’urgence de 100 jours du Chef de l’État. La liste est longue. Sans cela, il y a risque de parler d’une justice injuste. Sans fouiner, il est difficile de récupérer toutes ces maisons de l’État spoliées par les puissants d’hier et de décourager ceux d’aujourd’hui. Les Congolais sont impatients. La suite leur fera plaisir.

Edoba

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