8 mars 2021

RDC : la disparition de l’Udps en cours de téléchargement

Les deux partenaires de la coalition au pouvoir en République démocratique du Congo (RDC) vivent à couteau tiré, et l’inimitié se développe chaque jour.

Selon une analyse d’un Editorialiste congolais de renom Rick Kapia, évincer Tshisekedi est toujours dans l’agenda de certains caciques du Front Commun pour le Congo (FCC). Des cadres dont l’Etat des droits, cher à Tshisekedi, n’enchante pas à cause de leurs nombreux dossiers très chargés que veut déterrer ce fameux État des droits.

Dès lors, l’agenda politique de ces cadres ne vise que la destitution du 5e président. Ils dorment et ne rêvent que de cela, car l’État des droits leur donne des insomnies.

Comment parvenir à la destitution? Si le plan d’un coup d’Etat militaire (selon des sources sûres, ce plan est à l’origine de la mort du Général Delphin Kayimbi qui a mis la puce à l’oreille de Tshisekedi) a échoué, les « caciques » ont misé sur l’empoisonnement. Le déferlement des morts à la présidence de la République, en pleine crise de covid-19, a permis le démantèlement de plan. Tshisekedi a perdu quelques proches mais a eu la vie sauve.

Un autre échec qui s’est avéré fatal pour les tout-puissants du FCC. Ils ont alors recadré le tir sur la Cour constitutionnelle qui devait entériner leur plan avec la fameuse inconstitutionnalité de l’ordonnance présidentielle décrétant l’état d’urgence sanitaire.

Dans ce coup, les langues se sont déliées jusqu’à révéler un complot contre Tshiseledi mijoté par les « FCC » aidés par un directeur de cabinet du Président de la République, jouant sa partition.

Aux forceps, le 5e président s’est tiré avec l’humiliation médiatique de ces mêmes cadres du FCC qui avaient investi la presse pour étaler les tares d’un président traité de tous les mots.

Le relativisme

Le Chef de l’État a sué. Il va dans la suite procéder à un remue-ménage qui lui a permis d’avoir un contrôle sur quelques secteurs clés de la vie nationale (justice, armée). Un coup de poing donné en pleine lucarne du FCC. Ce qui n’a fait qu’enflammer ces mêmes cadres du FCC. Ils se sont vus perdre la Cour constitutionnelle et quelques postes clés de l’armée alors que toute nomination présidentielle devrait être faite avec le contreseing du Premier ministre FCC.

Ces expérimentés politiques n’ont pas désarmé. Ils ont opté pour une déstabilisation silencieuse. En trame de fond de cette stratégie, les attisations de la flamme tribale, surtout dans l’ex-Grand Katanga, la résurrection des foyers des tensions armées (surtout dans le Katanga), la destruction de l’image du parti présidentiel, UDPS, constituent l’ossature même d’une mort préparée pour Tshisekedi mais à petit feu.

En parlant de l’image de l’UDPS, il est curieux de voir que ce sont les cadres FCC qui dénoncent la cellule UDPS Bilanga à Kasumbalesa avec tous les qualificatifs exagérés entendus. Ils sont encore à la manoeuvre du démantèlement d’une milice attribuée à l’UDPS, à Kingabwa, en plein centre-ville de Kinshasa.

L’attribution de cette milice au parti présidentiel n’a fait que faire ressortir des maladresses dans le ficelement d’un plan qui vise à salir un parti adverse. « Cette UDPS qui a lutté, 37 ans durant, sans prendre les armes, peut-elle recourir à une milice alors qu’elle occupe le haut sommet ? », interroge Augustin Kabuya, Secrétaire général de l’UDPS.

C’est là qu’il faut voir que derrière le démantèlement de cette surprenante milice, il y a toute une intelligence politique visant à noyer un parti qui gêne par son fameux État des droits. En réalité, le démantèlement de cette milice a pour cible Tshisekedi. Heureusement pour lui, les sages avaient déjà prédit les choses : « quand on veut noyer son chien, on l’accuse de rage ».

« S’il faut parler de milice, c’est le FCC qui a des bérets rouges, lesquels avaient prévu des assauts contre les paroisses catholiques lors des marches organisées par le Comité laïc de coordination (CLC) », rétorque Justin Moïse Kadima, président sectionnaire de l’Udps/Kintambo.

En tout état de cause, les relations entre partenaires de la coalition au pouvoir sont entachées d’une hypocrisie sans précédent.

Edoba

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