Hamed Bakayoko, né le 8 mars 1965 à Abidjan et mort le 10 mars 2021 en Allemagne, était un homme d’État ivoirien. Premier ministre de la Côte d’Ivoire et chef du gouvernement de 2020 a 2021, il était aussi ministre de la Défense depuis 2017 et maire d’Abobo depuis 2018.

Il est né à Abidjan, dans le quartier populaire d’Adjamé, Habitat-Extension. Il grandit au sein d’une famille musulmane de classe moyenne. Son père est fonctionnaire et sa mère meurt alors qu’il est encore jeune. Il est alors élevé par son père veuf avec son frère et ses deux sœurs. Sa famille pieuse et conservatrice est issue du nord-ouest de la Côte-d’Ivoire et descend d’érudits musulmans connus de la famille d’El-Hadji Moussa Bakayoko

Hamed Bakayoko commence des études de médecine à l’université de Ouagadougou en 1984. Il ne persiste pas dans cette voie, et après deux ans, décide de se consacrer au journalisme dont il fera plus tard sa profession.Pendant ses études, il dirige le journal du collège moderne d’Adjamé.

Ses années étudiantes à Ouagadougou vont beaucoup compter dans son éveil politique. Pendant ses études au Burkina Faso, il devient responsable de l’Amicale des élèves et étudiants ivoiriens au Burkina Faso en 1986. Quand il rentre à Abidjan, il se rapproche des mouvements estudiantins liés au Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI) dont il deviendra le responsable de la Jeunesse estudiantine et scolaire en 1990. Formé au militantisme à l’école du Mouvement des Étudiants et Élèves de Côte d’Ivoire (MEECI)[5], il fait partie de la génération de jeunes ivoiriens qui voient l’émergence du multipartisme à partir de 1990. La réputation d’Hamed Bakayoko grandit, et il se fait remarquer lors de la campagne présidentielle de 1990. Il fonde à cette époque les Jeunesses Estudiantines et Scolaires du PDCI (JESPDCI), qui vont traverser la période de crise faisant suite à la mort du Président Félix Houphouët-Boigny qui dirigeait le pays depuis son indépendance.

À 25 ans, en 1990, il fonde le quotidien Le Patriote dont il est directeur de publication jusqu’en 1993. Leader étudiant influent au sein du PDCI, il finit par obtenir que son journal devienne l’organe de presse du Rassemblement des républicains (RDR), fondé par Djéni Kobina lors de la scission du PDCI historique.

En 1993, trois ans plus tard, il est le premier PDG de radio Nostalgie Côte d’Ivoire à sa création. En 2000, il devient PDG de radio Nostalgie Afrique

Le parcours d’Hamed Bakayoko lui permet de se tisser un important réseau international. Dans le monde politique, il est proche du Roi du Maroc, Mohammed VI et du Président du Burkina-Faso, Roch Marc Christian Kaboré.

Au cœur de l’écosystème politique ivoirien, il parvient à conserver des liens de confiance dans les deux camps de la guerre civile (2007-2011), des « comzones » insurgées jusqu’au sein du Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo. L’affirmation et la densification de son réseau a permis progressivement à Hamed Bakayoko de s’imposer comme un négociateur et un intermédiaire dans le jeu politique ivoirien et sous-régional

L’activisme d’Hamed Bakayoko a pris sa source dans les milieux estudiantins de Côte d’Ivoire. En 1978, il est rédacteur en chef du journal du Collège Moderne d’Adjamé , puis en 1980, il devient Président de l’Association des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire pour la section du CMA. Durant ses études au Burkina Faso, la vie associative lui permet de développer un réseau important via sa Présidence de l’Amicale des Elèves et Etudiants Ivoiriens au Burkina Faso. Son militantisme continue pour le PDCI. En tant que Président et fondateur de la Jeunesse Estudiantine et Scolaire du PDCI (JESPDCI), il est salué pour sa « fougue » et son « dynamisme » au plus fort de la crise politique qui secoue la Côte d’Ivoire en 1990. Il mêle activités professionnelles et vie associative en devenant en 2001 Président du Conseil national des Patrons de la Presse de Côte d’Ivoire. Enfin, en 2014, il crée la fondation MAYAMA, en hommage à sa mère Mayama Bakayoko. Cette fondation œuvre pour la scolarisation et l’insertion de la femme dans la société nigérienne, en travaillant pour leur autonomie intellectuelle et financière.

En 2018, Hamed Bakayoko est élu maire d’Abobo, avec près de 59 % des voix face à Tehfour Koné. La commune d’Abidjan, peuplée de plus d’un million d’habitants, constitue l’une des plus grandes commune de Côte d’Ivoire, et est marquée par une forte pauvreté.

Renforcé par ce succès électoral, et proche du président Alassane Ouattara, Hamed Bakayoko apparaît comme l’un des deux favoris —avec le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly pour succéder à Ouattara à l’occasion de l’élection présidentielle de 2020. En mai 2020, Amadou Gon Coulibaly, choisi quelques mois plus tôt comme candidat à l’élection présidentielle, est évacué vers la France pour raison de santé. Pendant son absence, Bakayoko assure l’intérim à la tête du gouvernement. À la suite de la mort de Gon Coulibaly, le 8 juillet 2020, la candidature de Bakayoko est de nouveau évoquée pour l’élection présidentielle. Il assure de nouveau l’intérim à la tête du gouvernement. Le 25 juillet, il appelle le président sortant à se représenter. Il est confirmé dans ses fonctions le 30 juillet 2020 par le président Alassane Ouattara. Il conserve également son portefeuille de la Défense. Il prend ses fonctions le 4 août 2020. Ouattara annonce sa candidature le 6 août et remporte l’élection.

En février 2021, Bakayoko, gravement malade après avoir été atteint par la Covid-19, est transporté vers la France pour être soigné. Son état de santé se dégrade encore début mars et il est envoyé dans un hôpital allemand. Le 8 mars, le président Ouattara remplace Bakayoko, à titre intérimaire, par Patrick Achi au poste de premier ministre, et par son frère Téné Birahima Ouattara, au poste de ministre de la Défense

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